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Préparation et soins des pieds du marcheur


Intervention des podologues pour AKILEINE lors du stage de grand fond 2008

Le samedi 19 janvier 2008, dans le cadre du stage de marche de grand fond, deux podologues expérimentés interviennent auprès des stagiaires pour leur apporter des conseils afin de mieux préparer leurs pieds et de pouvoir soigner quelques blessures.

Alexandra MARCOUX et Alain PETIT, podologues professionnels se mettent à la disposition de SPORT-AKILEINE chaque année durant PARIS-COLMAR.


Depuis de nombreuses années, ils ont acquis une grande expérience et ont vu quasiment toutes les pathologies podologiques possibles. Leur rôle n’est pas de faire des miracles, mais tout simplement de tout mettre en œuvre pour que les marcheurs puissent aller au bout de leur rêve ou de leurs ambitions.

Durant la grande épreuve, les podologues ne disposent pas du confort habituel de leur cabinet avec des patients calmes et coopérants. Pendant PARIS-COLMAR, le temps c’est de l’or, et les soins doivent être rapides, indolores et très efficaces pour permettre aux concurrents de remettre leurs chaussures et de continuer à marcher. Pour cela, ils ont mis au point une véritable « PODOLOGIE DE GUERRE ».

Les marcheurs qui viennent de la vitesse et qui débutent dans le grand fond doivent se comparer à des pilotes de formule1 qui décident de faire les 24h00 du MANS. Il faudra apprendre à gérer les blessures, et il faudra mettre en place des soins qui dureront dans le temps.


Il est important d’avoir une équipe soudée autour du marcheur et les accompagnateurs doivent être préparés et entraînés à intervenir à toute heure du jour ou de la nuit.

Le sportif doit disposer de plusieurs paires de chaussures déjà préparées. Mais cela ne veut pas dire usées. Certains concurrents se retrouvent sur la ligne de départ avec des chaussures déjà déformées et ce sera la blessure assurée. Il ne faut pas débuter une compétition avec des chaussures neuves, mais il faut simplement avoir parcouru quelques centaines de kilomètres avec pour qu’elles ne soient ni trop usées, ni déformées.

Trois modèles de chaussures existent, un modèle universel, un modèle réservé aux personnes qui font de la pronation (le pied s’écrase vers l’intérieur) et un modèle pour ceux qui font de la supination (le pied appuie vers l’extérieur).


Il est évident que tous les sportifs qui sont équipés de semelles correctrices doivent avoir des modèles universels afin d’éviter une double compensation. Les chaussures vendues pour les sportifs ayant une tendance à la pronation ou à l’inverse à la supination sont élaborées pour renforcer ce défaut et le corriger en grande partie. Il est donc inutile de faire un double emploi avec des semelles faites par un professionnel. Pour certains types de pieds assez larges, des marques de chaussures proposent plusieurs largeurs, de même, il est important de prévoir une pointure ou une pointure et demi car avec les pieds vont gonfler après plusieurs heures de marche.

Le poids des chaussures sera également un critère de choix car mètre après mètre, ce sont des tonnes cumulées qu’il faudra porter. Un autre paramètre est important au moment de choisir les chaussures, c’est tout simplement le poids de l’athlète. Entre une marcheuse de 45 kilos et un marcheur de 75 ou plus, l’amorti et les renforts ne seront pas les mêmes.

Une attention particulière doit être portée lorsqu’il y a un prologue de quelques kilomètres. Certains marcheurs croient bien faire en mettant des chaussures légères adaptées pour la marche de vitesse et malheureusement, certains se retrouvent blessés et doivent encore parcourir 2 ou 300 kilomètres avec des ampoules récoltées lors du prologue.


Les chaussures ne vont ni à la machine à laver, ni au sèche-linge
. Un lavage à 30° est recommandé par les fabricants.

Attention également au laçage des chaussures. Les lacets doivent être serrés sur l’avant du pied et plus relâchés en remontant sur le coup de pied. De nouveaux lacets existent et Alain PETIT demande aux marcheurs de lui faire parvenir un retour d’expérience afin de connaître différents avis et différentes impressions.

Les pieds doivent être préparés par des spécialistes, des « podologues du sport » et non le pédicure du coin qui ne connaît pas particulièrement notre discipline.

Les pieds doivent être tannés 3 ou 4 semaines avant. Il suffit de badigeonner la plante des pieds, le dessus, entre les orteils et sur les talons avec une gaze imbibée d’une lotion aqueuse avec de l’acide picrique à 2%, ou de l’acide citrique ou de la teinture de benjoin. Ces produits sont très salissants et il vaut mieux mettre des gants de chirurgien avent de commencer l’opération. Lorsque l’application est sèche, il faut ensuite assouplir la peau avec une application de pommade anti-frottement pour éviter que le pied soit sec.


Certains marcheurs ont du mal à obtenir les solutions en pharmacie et ont recours à des produits vétérinaires très efficaces de type « tanopate » ou « pâte dure ».

Les ongles doivent être coupés courts (mais pas trop), les ongles doivent être désépaissis afin d’éviter les mycoses et les risques d’ampoules sous l’ongle, des ampoules qui sont souvent difficiles et douloureuses à soigner. Le recours à un professionnel peut être nécessaire pour pouvoir désépaissir les ongles une ou deux fois par an.

Les chaussettes ne doivent pas présenter de coutures ou bien elles doivent être portées à l’envers. Les accompagnateurs doivent préparer les chaussures et les chaussettes afin de gagner du temps et de répartir la crème au préalable.


Lorsqu’il y a des semelles orthopédiques, elles doivent être parfaitement ajustées. Seul un podologue du sport équipé d’un tapis qui fonctionne peut vous confectionner des semelles adaptées pour une parfaite correction. Le fait de vérifier vos appuis de façon statique n’est pas fiable car certaines personnes auront tendance à appuyer sur l’intérieur du pied en restant debout, et le défaut sera à l’inverse lorsqu’elles marcheront rapidement.

Les accompagnateurs auront un rôle important en cas de soins. L’un d’eux doit tenir un parapluie en cas de forte chaleur ou de pluie pour protéger le marcheur. Une chaise doit être préparée avant l’arrêt et un drap ou une serviette doit être étalé au sol afin d’éviter d’embarquer un petit caillou.

C’est un accompagnateur qui enlève les chaussures et les chaussettes.

En parallèle, une paire de chaque doit être préparée, et les chaussettes seront mises à l’envers et crémées. Le vidage des ampoules se fait avec de petites seringues de type insuline. Celles-ci sont tenues à une seule main et le geste doit être très précis. Les pieds sont ensuite enduits avec de la crème en couche épaisse, ainsi que les chaussettes qui serviront de réservoir pour redistribuer le produit au fil des kilomètres.


Après des compétitions de grand fond, un repos allongé est indispensable. Les ampoules seront vidées et séchées, les pieds doivent respirer au maximum. Aucune pratique sportive ne sera faite durant les jours suivants et en cas de problème, de douleur persistante ou d’inflammation, ne pas hésiter à consulter auprès d’un médecin.

Alexandra MARCOUX et Alain PETIT concluent leurs explications en répondant aux questions diverses et argumentent leurs propos en commentant certaines photos prises durant des arrêts soins lors de PARIS-COLMAR.

Ces deux podologues se tiennent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Vous pouvez poser vos questions par le biais de notre site, et nous leur transmettrons.



 Alexandra MARCOUX et  Alain PETIT pour SPORT-AKILEINE